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La Première Renaissance 1300-1490 |
En effet, le reste de l'Europe a comme valeurs l'art gothique, la chevalerie et la scolastique (philosophie voulant concilier la raison et la foi chrétienne, marquée par Aristote). Ces valeurs, nées en France, ont conquis toute l'Europe, peut être un peu moins profondément l'Italie. Dans ce pays, les villes étaient très autonomes depuis le XIème siècle, dirigées par de grandes familles comme les Médicis ou les Sforza, la culture y étant plus laïque et moins militaire. Une grande question est de savoir avec qui et où commence la Renaissance. A Florence, à Rome, à Avignon, à Padoue ou à Naples ? Avec Pétrarque en 1330-1340, ou durant la génération précédente avec Giotto et Dante ? Le plus
souvent c'est Pétrarque qui est retenu comme l'initiateur de la
Renaissance. Il a voulu se détacher d'Aristote Pour Pétrarque, l'époque précédente (qui sera baptisés Moyen-Age) est un âge des ténèbres, la lumière venant de l'Antiquité. Pourtant il avait des accents médiévaux (enthousiasme pour St Augustin et Dante). Autour de lui se sont rassemblés notamment le poète Simone Martini, l'astronome Giovanni Dondi, le politicien Cola di Rienzo et Giovanni Boccace. Boccace lui même érudit, a écrit une généalogie des dieux et une biographie de femmes célèbres. Il a écrit le fameux Décaméron. Boccace est aussi médiéval par des aspects comme l'adoration de Dante. La Peste Noire de 1348-1349 provoque un retour aux valeurs traditionnelles, mais pour une courte durée.
Salutati, de Florence, adorait Pétrarque. Il le plaçait au-dessus de Cicéron et Virgile. Il était l'animateur d'un groupe d'intellectuels réunissant entre autres Léonardo Bruni et Poggio Bracuolini, appelé le Pogge. Ces derniers seront chanceliers de Florence après Salutati. Cette génération était enthousiasmée par tout ce qui touchait aux romains, Cicéron étant leur héros. Du fait de la redécouverte de la culture grecque, Bruni traduisit des oeuvres d'Aristote, de Démosthène, de Platon et Plutarque. Ce dernier avait beaucoup d'importance pour la Renaissance. Bruni et le Pogge sont également des historiens, relatant alors la liberté florentine, la comparant à celle d'Athènes et de Rome du temps de la république. Ces personnages seront qualifiés d'humanistes. Salutati affirme que "s'instruire est le propre de l'homme et que les gens instruits sont plus humains que les incultes". les matières concernées par ces humanités sont l'éthique, la poésie, l'histoire, la rhétorique et la grammaire. Ces matières avaient été choisies par les humanistes car ce sont des arts de la langue qui permet de distinguer le bien du mal. Les langues qu'il fallait étudier étaient bien sûr le latin et le grec. De ce fait ils ont mis beaucoup d'énergie à relire les manuscrits anciens. L'humanisme était reconnu de la vie publique. Mais cette vision était controversée par l'Eglise, comme le moine Giovanni Dominici à Florence, qui n'appréciait pas cette adoration d'auteurs païens. Les humanistes de la Renaissance essaieront de concilier la sagesse antique et la sagesse chrétienne. Les humanistes appèlaientt "barbares" ceux qui n'ont pas d'adoration pour l'Antiquité. C'est ainsi qu'ils nommeront la période historique précédente le Moyen-Age, un âge des ténèbres.
Cette adoration de l'Antiquité deviendra plus évidente à Florence au XVème siècle. C'est autour de l'architecte Filippo Brunelleschi que se regroupent des gens novateurs. Brunelleschi se distingue de l'architecture gothique par certaines innovations comme l'arc plein cintre à la place de l'arc brisé, le dessus des portes et fenêtres droits et non courbes, les surfaces vides, sans ornements. C'est
Brunelleschi qui concevra le dôme de
la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence, l'un des plus vastes
jamais construits. Il apprit à reconnaître les ordres dorique, ionique et
corinthien. Cependant, il s'inspirera également de bâtisses des XIIème et
XIVème siècle. Donatello
et Brunelleschi fouilleront les ruines de Rome, et s'inspireront des sculptures
romaines antiques. Le buste de Donatello et L'humanisme et les arts s'unissent à cette époque, redonnant à ces métiers manuels une haute place. L'humanisme est plutôt civique en ce début du XVème siècle, les oeuvres les plus importantes étant des édifices publics ou des peintures ornant les lieux publics. Ces valeurs civiques s'estompent durant la fin du XVème siècle, la ville ayant été sous la domination des Médicis (de 1434 à 1494). Les érudits y préfèrent la vie contemplative et adorent Platon. Parmi eux, citons Cristoforo Landino, Marsile Ficin et Politien. Landino voyait Virgile comme un platonicien. Ficin voyait dans les écrits de Pythagore, Platon ou Thot, l'existence d'une théologie précédant celle des chrétiens. Il voyait également les poètes comme des prophètes. Autour de Ficin gravitait Giovanni Pico dit Pic de la Mirandole. Ce dernier s'inspire des écrits grecs et romains, mais également juifs et égyptiens pour soutenir neuf cents thèses lors d'un débat public à Rome. Il voit dans l'Odyssée un message philosophique. Politien écrivait surtout pour les autres érudits contrairement à Bruni qui voulait faire connaître à tout le monde les cultures grecques et romaines. A cette époque, les demandes d'œuvres artistiques privées remplacent les demandes publiques du début du XVème siècle.
D'autres villes comme Rome, Naples, Mantoue entre autres diffusent les idées de la Renaissance, par influence de Florence mais aussi de leur propre initiative. Ce sont Francesco Barbaro à Venise, Pietro Paolo Vergerio dans le nord-est de l'Italie, Antonio Loschi à Vicence. Rome fut un grand foyer de l'humanisme. Deux papes humanistes, Nicolas V et Pie II demandent des traductions latines et grecques, Nicolas V entreprenant la reconstruction de Rome. Flavio Biondo de Forli dans ses écrits fait revivre les bâtiments antiques de la ville (Rome restaurée), puis fera de même avec toute l'Italie (Italie illustrée). Valla écrit une grammaire latine (Elégances), propose des corrections de textes de droit romain. Il a vécu à Rome mais également à Naples (de 1430 à 1440) à la cour d'Alphonse V d'Aragon. Autre centre humaniste du XVème siècle, Milan a été dirigé par les Visconti et les Sforza. L'artiste Antonio Averlino dessine les plans de l'Ospadele Maggiore, en rupture avec le passé. La Filarete dira "l'homme qui suit la pratique antique en archtecture fait éxactement la même chose que l'homme de lettre qui s'efforce de reproduire le style classique de Cicéron et de Virgile.". A Ferrare, Giovanni de Vérone créé une école où il aura recours à Cicéron et Plutarque. Vittorino fera de même, incitant ses élèves à certains jeux comme plaider en public des causes imaginaires comme si on était au sénat. Les princes de la génération suivante seront imprégnés de cette éducation qui, si elle ne change pas leur rapport à la politique, modifiera celui à l'art.
(Les principaux personnages cités dans ce dossier feront l'objet de dossiers présentant leur vie et leur oeuvre).
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