Animation Renaissance Amboise et son spectacle A la Cour du Roy François vous propose le dossier :

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1365 - 1566

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MARGUERITE DE NAVARRE
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POESIE


Poétesses de la Renaissance

1365 - 1566

Marguerite de Navarre

Bravant la misogynie des XV et XVIème siècle, des "belles rebelles" vont par leurs textes exprimer cette lutte des femmes.

 
 
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Introduction

L'humanisme fait son entrée dans le monde littéraire où l'on s'intéresse à l'individualisme, mettant en avant l'opposition entre la vision personnelle d'un individu et son acceptation des lois de la société. La découverte de nouvelles terres a aussi intéressé les écrivains qui sont fascinés par ces civilisations jusqu'alors inconnues.

Ainsi la littérature de la Renaissance est marquée par la découverte : découverte de nouvelles terres et découverte intérieure de la personne et de sa pensée. Cette littérature touche trois domaines : la poésie, le théâtre et la prose.

Christine de Pisan (1365-1430) - (voir l'image)

Christine de Pisan est née à Venise. Son père, Thomas de Pisan est astrologue du roi Charles V. Elle vit une enfance heureuse, dans un milieu cultivé, bien qu'elle regrette justement de se consacrer trop aux tâches quotidiennes et trop peu à la lecture. A l'âge de quinze ans, elle est mariée à Etienne du Castel, secrétaire du roi. C'est un mariage heureux.

Tout ce bonheur va basculer à la mort du roi Charles V. La famille Pisan est alors en disgrâce. A l'âge de vingt cinq ans, son mari décède. Elle se retrouve seule avec trois enfants, sa mère et une nièce à charge. Les créanciers, vrais ou faux, l'agressent. Il fauit dire qu'à cette époque l'épouse était peu au courant des finances du ménage.

Christine de Pisan a besoin d'argent. Elle est en procès pour défendre ce qu'elle a. Il dure quatorze ans. Elle écrit pour subvenir à ses besoins des ballades, des rondeaux et des virelais. Elle perd son plus jeune enfant et écrit alors "Deuil angoissé".

Bien qu'ayant une écriture exprime bien ses sentiments et qu'elle ait une certaine grâce musicale, son temps retient de Christine de Pisan l'historienne ou la moraliste. Sa plume va lui faire retrouver l'argent. Eustache Deschamps dit d'elle :

Muse éloquente entre les IX, Christine,
Nompareille que je saiche aujourd'hui
En sens acquis et en toute doctrine
Tu as de Dieu science et non d'autrui

Elle commence à lutter pour la condition féminine à l'âge de trente cinq ans. Réfléchissant sur les raisons de la montée de la mysoginie des XIVème et XVème siècles, son engagement littéraire paraît des plus hardi. Les textes les plus importants sont "La cité des dames" et "Le livre des trois vertus" Le premier décrit une ville imprenable, de femmes poétesses, savantes, amoureuses et située en dehors du temps et de l'espace. Le second est plutôt l'oeuvre d'une éducatrice.

Ses enfants établis, à l'âge de cinquante trois ans, en 1418, Christine de Pisan entre au couvent. Treize ans plus tard, elle retrouve sa plume pour s'exprimer en fabeur d'une jeune femme qui pour elle est le symbole de sa lutte : Jeanne d'Arc.


JE NE SAIS COMMENT JE DURE

Je ne sais comment je dure
Car mon dolent coeur fond d'ire
Et pleurer n'ose, ni dire
Ma douloureuse aventure

Ma dolente vie obscure
Rien, fors la mort, ne désire
Je ne sais comment je dure

Et me faut, par couverture,
Chanter quand mon coeur soupire
Et faire semblant de rire !
Mais Dieu sait ce que j'endure :
Je ne sais comment je dure.

 

Marguerite de Navarre (1492-1549) - (voir l'image)

Marguerite de Valois est la fille de Charles de Valois et de Louise de Savoie. Elle est la soeur de François d'Angoulême, futur François 1er. Marguerite de Valois, encore appelée Marguerite d'Angoulême, est une femme de Cour, aimant les lettres, avec un esprit mystique.

Elle épouse le duc d'Alençon, de qui elle est veuve après la défaite française de Pavie. Elle se remarie avec Henri d'Albret en 1526, devenant ainsi reine de Navarre. Elle protégeait notamment les poêtes, même ceux qui dhéraient aux nouvelles idées. Marguerite de Navarre était réputée à la Cour pour ses travaux de broderie. rantôme en disait :

"C'était la personne du monde qui faisait le mieux les devises en français, en latin et autres langues, comme il y en a une infinité en notre maison, en des lits et des tapisseries, qu'elle a composé."

Elle est souvent à l'origine de modes vestimentaires. Catherine de Médicis dit d'elle :

"En quelque part que vous alliez, on les prendra de vous, et non vous de la Cour."

La reconnaissance par l'écriture vient plus tard. Elle écrit le connu "Heptaméron" en 1559. C'est un recueil de contes écrits dans le style de Boccace. Ses ouvrages sont variés puisqu'elle écrit des "Chansons spirituelles", des méditations comme "La Coche" ou "Les Prisons", ou des pièces de théâtre.

Son gôut pour le mécénat s'exerce princiaplement dans la ville de Lyon, où se retrouvent les idées de la Renaissance italienne, dont elle est gourmande.

Marguerite de Navarre place dans ses ouvrages la cause féminine en second plan. Elle évoque cependant la brutalité masculine dans "l'Heptaméron". Pour elle, le fait d'être une femme est plutôt une force. Très attirée par la pensée de Marsile Ficin, représentée en France par Bonaventure des Périers ou Maurice Scève, qui est un mélange entre idéal courtois et idéal platonicien. L'amour est un désir de beauté envers l'autre et d'harmonie dans une relation pure. L'amour reste spirituel même si son "Heptaméron" comporte quelques passages croustillants.

Etant la soeur aînée du roi François 1er, Marguerite de Navarre se permet certaines positions comme la part belle qu'elle fait à l'individualisme. Ces chansons satiriques lui vaudraient bien les foudres de la Sorbonne sans ses liens familiaux avec le roi.

Marguerite de Navarre est soupçonnée d'être réformiste, elle rompt cependant ses liens avec Calvin qui l'attaque dans son "Traité contre la secte phantastique et furieuse des libertins qui se disent spirituels". Affichant un catholicisme de façade, sa quête de Dieu la poursuit tout au long de sa vie. Cela ressort dans "Comédie du Mont de Marsan".


ELLE M'A DIT : PAR REFUS OU TOURMENT

Elle m'a dit : "Par refus ou tourment
Je vous ferai laisser votre entreprise."
Mais amour dit : "Aimez la fermement,
Car à la fin, soit douleur ou surprise,
Par mon moyen vous en ferez la prise,
Et vous rendrai de son corps le vainqueur."
Hélas ! Amour, ce m'est trop de faveur,
Mais d'un tel corps ne veux la jouissance,
Sans être aimé ; par quoi frappez son coeur ,
Si vous avez hardiesse et puissance.



Louise Labé (1525-1566) - (voir l'image)

Pour le XVIème siècle, Louise Labé représente la femme incontournable de la Renaissance littéraire. Fille d'un riche cordier, Louise Labé nait aux alentours de1524, dans la ville de Lyon, à laquelle elle est intimement. A cette époque, la ville connaît une expansion économique. Elle y mourra, au moment où cette ville sera sur son déclin.

Louise Labé est éduquée selon des principes humanistes, pratiquant langues anciennes, luth et la littérature, excellant dans les salons lyonnais. Elle pratique également l'équitation et les armes.

Louise Labé bouscule les idées du XVIème : la femme n'est l'objet du désir masculin. C'est ce dernier qui devient l'objet du désir féminin. Mais la poétesse ne nourrit pas de haine particulière vis-à-vis des hommes et si la condition de la femme n'est pas si ingrate que nous pourrions le penser car elle a déjà pu accéder aux fonctions politiques, Louise Labé reste une pionnière, donnant à la femme une place différente que celle donnée par les hommes. Elle évoque l'amour, dans sa passion charnelle, rompant avec le platonicisme de l'époque. Dans ses textes, elle exprime les joies amoureuses, son érotisme mais aussi la douleur de l'absence.

Le roy, de par sa protection, fera qu'en 1555, les textes de Louise Labé soient publiés, de son vivant : trois élégies, un texte en prose et vingt quatre sonnets. C'est la seule lyonnaise à voir publier ses oeuvres de son vivant. Devant son grand succès, ce livre connaîtra trois rééditions en 1556.

La fin de la vie de Louise Labé reste mystérieuse.

Les "oeuvres poétiques" exprime une plainte adressée à l'amour. Louise Labé épouse, par obligation, un cordier, qui a trente ans de plus qu'elle. Elle sera surnommée la belle cordière. Louise Labé sera éprise d'Olivier de Magny. Reprenant des thèmes développés au XIVème siècle par Pétrarque, Elle écrit de courtes pièces mythologiques dans lesquelles elle loue ou déplore l'amour.

Ces textes sont peu aisés à lire, le sens des vers ne se devinant pas à la première lecture. Louise Labé exploite le sonnet ou l'élégie (poésie au sujet triste ou tendre) qui sont des structures normées, mais nouvelles au XVIème siècle.

La langue française ayant fortement évolué en cinq siècles, une simple lecture des textes de Louise Labé ne suffit pas pour en saisir la teneur. Une étude approfondie s'impose. Louise Labé est influencée par les oeuvres de Pétrarque, par le néoplatonisme et la mythologie, comme cela est au XVIème siècle.


JE VIS, JE MEURS ; JE ME BRÛLE ET ME NOIE

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure ;
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.





  Dossier créé le 04 janvier 2006 - Mis à jour le 04 janvier 2006 - Animation Renaissance Amboise - (c) 2006