Animation Renaissance Amboise et son spectacle A la Cour du Roy François vous propose le dossier :

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1519 - 1589

REINES DE FRANCE

HENRI II
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BIOGRAPHIE


Catherine de Médicis

1519 - 1589


Mère de trois rois de France, reine elle-même d'un pays qui connaît une de ses époques les plus sombres, Catherine de Médicis reste un personnage complexe. Accusée de duplicité, y voyant en cela ses origines florentines, accusée de suivre des avis pas toujours des plus heureux, elle a sans cesse eu le soucis de maintenir un équilibre entre les partis opposés, ayant constamment comme objectif l'intérêt de la France. Elle a lutté contre une dislocation du pays français et a combattu le pouvoir de quelques nobles qui voulaient mettre à mal l'autorité royale.

 
 
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Fille de Laurent II de Médicis, alors duc d'Urbino, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne (voir l'image) , Catherine de Médicis voit le jour le 13 avril 1519, dans une famille qui a bâti sa réussite sur le commerce et l'activité bancaire, habitant une magnifique villa (voir l'image). Elle naît dans une période de l'histoire de France très importante : culturellement avec l'avènement de la Renaissance et de ses idées humanistes en France, politiquement avec l'unification du pays français et l'affirmation du pouvoir royal, religieusement avec les idées réformistes qui s'opposent au catholicisme.

La mère de Catherine de Médicis meurt peu après sa naissance. Son père suit de peu son épouse, laissant leur fille orpheline. Elle ira de mains en mains. En 1527, à l'instigation de Charles Quint, les florentins se révoltent contre les Médicis. Ces derniers quittent la ville, un régime républicain est instauré. Catherine de Médicis reste en otage dans la ville et est enfermée dans les monastères de Florence. Dans celui des Murates, la soeur Niccolini dit d'elle :

"Les mères avaient bien accueilli cette mignonnette de huit ans, aux manières très gracieuses et qui se faisait aimer de tous."

Cette détention prend fin en août 1530, quand Charles Quint se réconcilie avec le pape Clément VII, demandant que la famille des Médicis revienne à Florence. Catherine de Médicis part alors pour Rome où le pape Clément VII (voir l'image) , son oncle, veut faire son éducation. Celui-ci souhaite en effet faire de sa nièce un parti intéressant pour faire alliance avec une famille d'Europe régnante. Cela permettrait également qu'elle ne soit plus héritière de la famille des Médicis afin qu'il puisse placer aux commandes de la ville son fils illégitime Alexandre.

Elle ne devait pas être reine. Son mariage avec Henri II, fils de François 1er ne devait pas lui offrir ce destin. En effet ce dernier étant le deuxième fils de François 1er, il ne devait pas monter sur le trône. Cette union, par intérêt politique, établie par contrat signé le 24 avril 1531, devait permettre à François 1er de bénéficier de l'aide de Clément VII dans sa reconquête de l'Italie. Mais ce dernier meurt en 1534, sans avoir aidé le roi de France dans ses ambitions.

Ce mariage, est célébré le 28 octobre 1533. Clément VII apporte une dot de cent mille livres pour Catherine de Médicis plus trente mille livres si elle renonce à l'héritage de la famille des Médicis.  C'est une des raisons pour laquelle Clément VII souhaitait ce mariage. François 1er donne dix mille livres et le château de Gien.

A Florence, l'éducation de Catherine de Médicis était surtout marquée par la Renaissance et le nouvel intérêt pour l'Antiquité. A la Cour de France, c'est l'humanisme qui éclaire sa formation. C'est pourquoi Catherine de Médicis ne pourra jamais suivre les intégristes catholiques et recherchera toujours l'équilibre. De plus elle doit faire avec la liaison que son époux entretient avec Diane de Poitiers qui influence déjà beaucoup Henri d'Orléans.

Un évènement inattendu va changer son destin. Le 10 août 1536, le dauphin François décède. Ce dernier aurait attrapé froid après une partie de jeu de paume acharnée. Henri d'Orléans devient le dauphin.

Après quatre ans de mariage, Catherine de Médicis qui vient d'avoir dix-huit ans n'a toujours pas donné d'héritier à Henri d'Orléans. Ce dernier, ayant eu un enfant illégitime avec une femme rencontrée lors des campagnes en Italie, on suspecte que Catherine de Médicis soit stérile. On demande alors sa répudiation. Heureusement, elle a le soutien de François 1er, de son époux et même par stratégie, celui de Diane de Poitiers. Catherine de Médicis tente plusieurs remèdes, jusqu'à consulter les astrologues.

C'est seulement onze ans après leur union que Catherine de Médicis donne son premier enfant à Henri d'Orléans. Nous sommes le 19 janvier 1544 et il s'agit du futur François II. Elle a en tout dix enfants, sept survivant à l'âge adulte, dans les douze ans qui suivent. Parmi ces enfants, trois fils deviendront rois de France et deux filles reines. C'est Diane de Poitiers qui en assure l'éducation, situation que Catherine de Médicis a du mal à accepter.

Malade, sentant la mort venir, François 1er fait d'Henri d'Orléans le commandant des armées. La paix signée à Crépy avec les espagnols, qui ne favorise pas les français, créé une brouille entre le père et le fils.

A la mort de François 1er en 1547, Henri d'Orléans devient roi sous le nom d'Henri II. Il est sacré le 25 juillet 1547 à Reims et Catherine de Médicis le 10 juin 1549 à Saint Denis. Cette dernière est plutôt exclue par la favorite du roi, Diane de Poitiers (voir l'image) qui se voit remettre les bijoux de la couronne et le château de Chenonceau. Elle est même présente au conseil du roi. Catherine de Médicis vit de plus en plus mal cette situation. Lorenzo Contarini, ambassadeur dit à ce sujet :

"La reine ne pouvait souffrir dès le commencement de son règne un tel amour et une telle fureur de la part du roi pour la duchesse, mais depuis, sur les prières insistantes du roi, elle s'est résignée et supporte avec patience. Elle fréquente même continuellement la duchesse qui, de son côté, lui rend les meilleurs offices dans l'esprit du roi, et souvent c'est elle qui l'exhorte à aller dormir avec la reine."

Pendant le règne de son mari, Catherine de Médicis dirige à certaines périodes les affaires françaises, notamment lorsque Henri II est en campagne militaire comme en 1552 et 1557. Cependant, elle devait assurer ses fonctions de reine avec des hommes de confiance de Diane de Poitiers. Et si son rôle apparaît secondaire, elle s'acquitte de ses tâches parfaitement. Ainsi, lorsque les français sont battus à Saint Quentin le 27 avril 1557, sur la demande du roi, elle réussit à obtenir des bourgeois parisiens des fonds pour constituer une nouvelle armée.

Le 2 avril 1559 est signée la paix de Cateau-Cambresis. Celle-ci met un terme aux ambitions italiennes de François 1er, et conformément à ces accords, le couple royal marie leur fille Élisabeth (voir l'image) avec Philippe II, roi d'Espagne. L'union est célébré le 22 juin 1559. Suivent des journées de fête. En guise de clôture de ces réjouissances, Henri II souhaite organiser un tournoi, pratique qu'il affectionne. Le 30 juin 1559, il affronte Gabriel de Montgomery. Seulement, l'accident arrive. Touché par la lance de Montgomery qui traverse sa visière et atteint son cerveau (voir l'image), il meurt le 10 juillet 1559. Catherine de Médicis reste continuellement auprès de son mari durant ses dix jours d'agonie. Après la mort d'Henri II, elle porte constamment des habits de deuil.

Après la mort d'Henri II, c'est François, le fils aîné qui devient roi sous le nom de François II. Il a seulement quinze ans et demi, et s'avère une personne sans grand caractère. Il est alors très nettement influencé par sa femme Marie Stuart et par la famille des Guise, catholiques extrêmes. Catherine de Médicis n'essaye pas de limiter cette influence sur le roi. Elle va cependant adopter une politique plus favorable aux réformés après la conjuration d'Amboise, avec l'aide de son chancelier Michel de l'Hospital, clément avec les réformés.

François II meurt prématurément en 1560. Son successeur, Charles IX est encore un enfant de dix ans lorsqu'il monte sur le trône. Catherine de Médicis, sa mère, devient alors régente du royaume, et ce jusqu'en 1563, la majorité pour un roi se situant à l'âge de treize ans. Elle est plutôt du style à rechercher la conciliation et réunit beaucoup de personnes autour d'elle et de ses idées. Elle constitue avec le temps un parti loyaliste, mais aura recours parfois à des méthodes peu ordinaires comme la consultation d'astrologues ou l'emploi de jeunes filles chargées de séduire les hauts personnages du royaume. Il lui arrivera même d'avoir recours à l'assassinat.

Catherine de Médicis tente de s'opposer à l'intransigeance des Guise, Montmorency et Saint André. Avec son chancelier, Michel de l'Hospital, elle convoque les États Généraux à Orléans le 13 décembre 1560. Elle tente par la suite une réunion des catholiques et des protestants à Poissy le 9 octobre 1561 et une conférence à Saint Germain en 1562. Seulement cela est sans effet. L'édit de janvier 1562 reconnaît cependant le culte réformé, mais à l'extérieur des villes et de jour seulement.

Cela a pour effet d'aiguiser la colère des Guise, de Montmorency et de Saint-André. Sachant que près de Wassy des protestants se réunissent pour pratiquer leur culte, François de Guise opère leur massacre.

Le massacre de Wassy marque le déclenchement de la première guerre de religion. L'armée royale reprend la ville de Rouen aux protestants. Catherine de Médicis est à l'origine de l'édit d'Amboise en mars 1563, tentant une pacification.

Charles IX est proclamé majeur le 17 août 1563, cependant il laisse sa mère régner. Sa mère et lui-même entreprennent un voyage à travers le royaume pour présenter le nouveau roi à ses sujets, et que ce dernier expose clairement sa politique avec notamment une volonté de calmer le jeu au niveau religieux et de restaurer l'ordre public sur le territoire. Ce voyage dure du 24 janvier 1564 au 1er mai 1566. Catherine de Médicis y voit un rapprochement entre le roi et le peuple, protestants ou catholiques.

Une entrevue à Bayonne en juin 1565 avec le duc d'Albe fait penser aux protestants que Catherine de Médicis cherche l'alliance de l'Espagne catholique pour les combattre. En fait elle ne souhaite pas répondre aux exigences espagnoles en matière de lutte contre les réformés.

En 1567, un projet d'enlèvement de Charles IX échoue et pousse Catherine de Médicis à reprendre le combat contre les protestants. La guerre reprend, sans merci. Malgré la paix conclue le 23 mars 1568, les troubles ne cessent pas et Charles IX entre dans le conflit. Du côté protestant, Condé est tué et remplacé par Coligny (voir l'image) comme leader. Catherine de Médicis perd sa fille Élisabeth alors reine d'Espagne. Pour réamorcer un processus de paix, Catherine de Médicis accepte la signature de la paix le 29 juillet 1570 près d'Orléans.

Le pays connaissant une période d'accalmie, Catherine de Médicis s'occupe du mariage de ses enfants. Ainsi Charles IX épouse Élisabeth d'Autriche le 25 novembre 1570. Elle cherche alors à marier son fils Henri d'Anjou à une héritière de la couronne d'Angleterre, mais sans succès. Elle marie finalement sa fille Marguerite le 18 août 1572 à Henri de Bourbon, le futur Henri IV, qui est protestant de surcroît. A cette occasion, Coligny entre à la Cour. Il souhaite lutter contre les espagnols dans les Flandres. Aussitôt, la réaction des Guise se fait entendre, souhaitant assassiner ce dernier.

Catherine de Médicis est prise entre deux feux. La guerre contre les espagnols serait lourde de conséquences et sa position de négociatrice avec les protestants peut conduire au renversement des Valois au profit des Guise. La raison d'état la conduit à l'assassinat de Coligny le 22 août 1572 et au massacre de la Saint Barthélemy dans la nuit du 23 au 24 août 1572 (voir l'image). Il semble que ce dernier a été décidé conjointement par Catherine de Médicis et Charles IX, et non le fait unique de la reine qui aurait cherché à influencer son fils. Cependant l'ampleur de cette terreur va au-delà de ce que souhaitait Catherine de Médicis, à savoir éliminer seulement quelques leaders. Il y a en tout trois mille victimes. cette tuerie gagne ensuite la province.

Henri d'Anjou, roi de Pologne quitte la France le 2 décembre 1573 pour gagner son royaume. Charles IX décède le 30 mai 1574. En attendant le retour de son fils Henri, c'est Catherine de Médicis qui assure le pouvoir. Elle tente de calmer le parti des "malcontents". Henri d'Anjou revient en France le 5 septembre 1574 pour monter sur le trône sous le nom d'Henri III. Son frère, François d'Alençon, s'allie aux "malcontents" durant la cinquième guerre de religion et s'oppose fermement à Henri III. Catherine de Médicis, souhaitant limiter les ambitions de François d'Alençon, négocie avec lui en novembre 1575. Elle lui attribut l'Anjou et d'autres terres.

Catherine de Médicis fait un voyage dans le royaume d'août 1578 à novembre 1579. Elle souhaite la conciliation avec le futur Henri IV en signant le traité de Nérac le 28 décembre 1579.

François d'Anjou meurt le 10 juin 1584. Henri III n'a pas d'héritier. Se pose alors le problème de sa succession. Catherine de Médicis tente de faire abjurer Henri de Navarre mais en vain. Elle tente, par des intrigues, de faire des enfants de sa fille (la duchesse de Lorraine) les héritiers de la couronne de France. Cela s'avère un échec.

Malade, Catherine de Médicis est alitée le 15 décembre 1588. Elle sent l'empressement des catholiques envers le roi Henri III mais ne peut rien faire. Elle parle ainsi de son fils à Bernard d'Osimo :

"Je le vois se précipiter à la ruine et je crains qu'il ne perde le corps, l'âme et le royaume."

Catherine de Médicis meurt le 5 janvier 1589 au château de Blois. Les obsèques ont lieu le 4 février 1589 à Blois. Un gisant d'Henri II et de Catherine de Médicis (voir l'image) est érigé dans la cathédrale de Saint de Denis.


  Dossier créé le 25 mars 2001 - Mis à jour le 30 mai 2003 - Animation Renaissance Amboise - (c) 2005