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La sainte Ligue |
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Ligue Picarde en 1576
La Ligue est aussi appelée Sainte Ligue ou Sainte Union. Celle-ci est constituée de catholiques déçus par les prises de position royales jugées trop favorables aux protestants. Ce sont aussi l'Edit de Saint germain en 1570 et l'Edit de Beaulieu en 1576 qui décident les catholiques à fonder cette ligue.
La région Picarde connaît déjà en 1568 la création de groupements de catholiques. Cependant il faut attendre 1576 avec la signature de l'Edit de Beaulieu, pour qu'ils forment la première des ligues. Des gouverneurs refusent de remettre leur ville aux protestants comme le prévoyait cet édit. Ce fut notamment le cas pour le gouverneur de la Picardie, Jacques d'Humières qui refuse de voir sa ville de Péronne dans les mains d' Henri de Condé. Cet incident est suivi de près par les espagnols catholiques depuis les Pays-Bas tous proches. Avec les seigneurs des environs, Michel d'Estournel et Jacques d'Happlaincourt, le 5 juin est signé ce texte, qui recueillera par la suite deux cent signatures :
Aussi plusieurs villes s'unissent dans cette résistance : Abbeville, Saint-Quentin, Beauvais, Corbie par exemple pour la Picardie. Très liée à la famille des Guise, cette ligue s'étend à tout le territoire français. Le programme de cette ligue tient douze articles et principalement en trois points : rétablir la loi de Dieu et le roi à qui ont doit obéissance, mais ce dernier devant suivre ce que décide les Etats Généraux. En 1582, Henri de Guise pouvant prétendre au trône de France, modifie les objectifs de la Ligue. Le 2 décembre 1576, Henri III prend le commandement de cette ligue après avoir modifié des passages dans lesquels son autorité était affaiblie. En effet, dans un texte datant de novembre 1576, les ligueurs soumettaient le roi aux décisions des Etats Généraux :
Henri III réécrit ce texte qui n'était pas officiel mais en change quelque peu le sens. Il n'existe plus que la ligue officielle commandée par le roi et les autres sont dissoutes. Les réformés obtiennent une liberté de conscience, mais pas de culte. Et plus important, la phrase "Promettons et jurons d'employer nos biens et nos vies pour l'entière exécution de la résolution prise lesdits Estats" devient "Promectons et jurons d'employer nosdits biens et vies pour l'entière exécution de ce qui sera commandé et ordonné par Sa Majesté, après avoir ouy les remonstrances des Estatz assemblez" L'agitation qui avait gagné tout le pays se calme, par la force. En effet, les Etats généraux ayant refusé de financer la sixième guerre de religion, Henri III finira par ne plus pouvoir en supporter le coût. A Bergerac est signée la paix le 14 septembre 1577, paix confirmée par l'Edit de Poitiers du 17 septembre 1577. Ce dernier accorde le droit de culte aux réformés dans les faubourgs des villes. Des places de sûreté leur sont attribuées et ce pour six ans. Enfin, les ligues et associations sont interdites. Cet édit, paraissant sévère pour les catholiques, mais permet un répit de sept ans. Mais dans cette crise, l'autorité royale a été mise à mal.
Du traité de Joinville en 1584 au traité de Nemours en 1585 En 1584, meurt le duc d'Alençon, prétendant au trône de France à la mort d'Henri III. La crise de sa succession est ouverte. En effte, Louise, femme d'Henri III est stérile. Le roi désigne alors Henri de Navarre comme successeur. Seulement, ce dernier refusant de renier le protestantisme soulève des oppositions. Le commandeur Moreo, envoyé par Philippe II, roi d'Espagne, négocie le traité de Joinville le 31 décembre 1584 qui marque le soutien de Philippe II, qui accepte de verser chaque mois cinq mille écus à la Ligue. Ce traité désigne le cardinal Charles de Bourbon comme héritier du trône au décès d'Henri III, en sa qualité de plus proche parent catholique. En fait c'est un vieil homme manipulé par le duc de Guisequi peut alors mener son combat contre les réformés. Henri III sent cette forte détermination catholique et le confie à Villeroy le 14 août 1584 :
Henri III n'ayant pas les moyens de lutter contre cette ligue catholique confie à sa mère, Catherine de Médicis, de négocier avec Henri de Guise. Ainsi est signé le traité de Nemours le 7 juillet 1585, véritable avancée des catholiques intransigeants. Les réformés y perdent la liberté de conscience, Henri de Navarre perd ses prétentions à la succession du trône s'il reste protestant. Par le traité de Nemours, le roi accepte de financer la Sainte Ligue dans leur lutte contre les huguenots. Henri de Guise devient commandant des armées du roi. Les princes de la Ligue obtiennent des places importantes. Henri de Navarre semble avoir été éloigné du trône.
En même temps, une ligue se forme à Paris. Elle est d'origine roturière, composée de bourgeois, et non de nobles comme jusqu'à présent. Bien que se ralliant à la première ligue, cette dernière est beaucoup plus radicale. Dotée de sa propre milice, cette ligue a la maîtrise de la ville. Le noyau principal de cette ligue constitue une sorte de société secrète, avec ses réunions régulières, son serment qui lie tous les membres et son argent venant de dons et cotisations. Des personnes membres vont dans les autres régions de France et d'autres noyaux de cette ligue se forment en Touraine, Champagne, Bourgogne notamment. Pour eux, la perspective d'un roi protestant en France est insoutenable. En effet, leur croyance les portent à croire que le bonheur du peuple est lié à la bénédiction de Dieu sur le roi. Et comment Dieu pourrait-il bénir un roi protestant ? Bien que cette ligue ait une liaison avec la ligue nobiliaire, notamment par l'intermédiaire du sieur de Maineville, cette dernière reste indépendante, peu enclin au respect des hiérarchies. Ainsi leurs relations mutuelles sont plutôt complexes. A leurs yeux, Henri III n'a plus de légitimité. Seuls les Etats Généraux ont autorité quand aux décisions concernant les impôts. Après 1591, les ligueurs adoptent une position encore plus radicale et souhaitent également une soumission de la noblesse vis à vis du peuple.
Journée des barricades du 12 mai 1588 Le soulèvement de la ville de Paris puise son origine de la conjoncture difficile, qu'elle soit intérieure ou extérieure, de nombreuses insatisfactions et une certaine peur religieuse. Les difficultés du peuple sont déjà rapportées par Pierre de l'Estoile :
A Paris et dans d'autres villes, les prix flambent et la mendicité s'accroît. La hausse des impôts n'arrange rien. Ce mécontentement attend un contexte politique favorable pour s'exprimer au grand jour. Celui-ci arriver car si le Duc de Guise paraît gagner avec l'édit de Nemours, il y a un homme qui est toujours sur son chemin : le duc d'Epernon. Ce dernier, favori du roi, se voit octroyer des charges convoitées par le duc de Guise, notamment le gouvernement de la Normandie. Justement, le 26 avril, le duc d'Epernon part pour la Normandie. Il laisse le roi Henri III sans trop de défense. Ce dernier interdit au duc de Guise de rentrer dans Paris, malgré qu'il soit demandé par les ligueurs parisiens. Le 9 mai, le duc de guise passe outre l'interdiction, arrive dans la capitale, acclamé de tous. Henri III souhaite assurer le contrôle militaire de Paris. Il demande aux Suisses d'occuper les endroits stratégiques de la capitale. Les habitants y voit l'expression de la tyrannie royale. Ils ont peur que le duc de Guise ne soit tué. Les parisiens vont donc s'insurger, mettant ne place des barricades avec des tonneaux pleins de terre et des pavés. Le roi demande au duc de Guise de calmer la foule, ce qu'il réussit partiellement à faire. Le 13 mai, Henri III s'enfuit pour rejoindre Chartres. Cette retraite peut paraître comme une fuite honteuse mais peut être également une façon de refuser l'affrontement et le bain de sang qui en aurait découlé. Pour les ligueurs, cette journée du 12 mai 1588 et vécue comme un jour de libération. Si les artisans, marchands, gens de justice sont représentatifs de cette ligue urbaine, on y voit également le procureur général ou les conseillers. On y voit la volonté de retrouver l'union catholique mais également des objectifs plus politiques, principalement de supprimer la toute puissance du roi, appelant aux Etats Généraux pour remédier aux abus.
Dans cette fuite, Henri III ressent l'atteinte portée au pouvoir royal. Pour le restaurer, il va user de moyens contradictoires, avec d'une part la réunion des Etats Généraux et d'autre part l'assassinat du Duc de Guise. Nous vous relaterons cela dans la deuxième partie de ce dossier.
La sainte Ligue |
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