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Les Guerres d'Italie 1494 - 1559 |
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Par un usage commun, sous le nom de guerres d'Italie sont regroupées toutes les campagnes françaises réalisée entre 1494 (revendication du royaume de Naples par Charles VIII) et 1559 (traité de Cateau-Cambrésis). Il faut se rappeler qu'au XVème siècle, l'Italie n'est pas unifiée mais constituées de plusieurs états (ou appelés royaumes) riches et dominant le commerce ainsique les arts. Ces derniers sont souvent en conflit entre eux. Il n'est pas rare de solliciter des pays étrangers pour aider à gagner un conflit. |
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Les guerres d'Italie sous Charles VIII Le roi de Naples qui n'a pas de descendant désigne en 1480 comme héritier le roi de France, Charles VIII (voir l'image). Cela ne va pas sans déclencher quelques colères, le pouvoir de René d'Anjou (voir l'image) n'étant valable que de nom mais non dans les faits. Charles VIII va réclamer son dû en 1492, effectuant une expédition vers Naples. Pour que les pays voisins n'interviennent pas dans cette action, Charles VIII doit concéder soit des terres (comme l'Artois à Maximilien d'Autriche), soit de fortes sommes d'argent (tel Henry VIII d'Angleterre) (voir l'image). Charles VIII part le 25 janvier 1494, prétextant le soutien à Ludovic Sforza (voir l'image) dit le Maure pour justifier son entrée dans la péninsule italienne. Il est à la tête d'une armée de trente mille hommes et d'une importante artillerie. Arrivé le 6 mars 1495 à Lyon, il prend le titre de roi de Naples et de Jérusalem. Pour lui, Naples est une étape obligée pour une éventuelle croisade vers la ville sainte. Charles VIII arrive le 2 septembre 1495 dans le Piémont. .Il est couronné roi de Naples au début de l'année 1495 sans avoir eu à se battre. Mais la France fait peur et à partir de fin mars 1495, une coalition se forge contre la France, comprenant le duc de Milan, le pape Alexandre VI et le roi d'Espagne. Ludovic Sforza attaque Louis d'Orléans sur le comté d'Asti le 6 avril. Et si Charles VIII fête son titre le 12 mai, il songe à quitter le pays avant d'être coincé par la coalition. C'est ce qu'il fait le 20 mai. Le 6 juillet Charles VIII bat la coalition dans les alpes à Fornoue. Charles VIII arrive en France en octobre 1495. Les forces françaises restées à Naples sont vaincues par les espagnols en 1496 et la famille d'Aragon retrouve le trône de Naples. Dans cette première guerre d'Italie, le bilan est nul puisque Charles VIII a reperdu le royaume de Naples précédemment gagné. Les guerres d'Italie sous Louis XII En 1498, Charles VIII décède accidentellement au château d'Amboise. Louis d'Orléans, devient roi de France et prend le nom de Louis XII (voir l'image). Il poursuit le rêve italien de son prédécesseur. Dès qu'il est sur le trône, il prend le titre de duc de Milan car il est apparenté à la famille Visconti (par sa grand-mère paternelle qui lui a laissé le comté d'Asti) et qui dirigeait la ville de Milan avant que les Sforza prennent leur place, Louis XII souhaite récupérer ce territoire (surtout que le milanais est très riche) et vaincre son ennemi juré, Ludovic Sforza. Louis XII s'assure la neutralité de ses voisins, notamment avec le pape, l'empereur Maximilien, les suisses (traité de Lucerne le 16 mars 1499) et le duc de Savoie (accord de Genève signé en mai 1499). Tout cela se fait bien sûr contre forte rétribution. Le 10 juillet 1499, Louis XII arrive à Lyon. De là, une avant-garde rejoint l'Italie le 18 juillet. En août, les villes détenues par Ludovic Sforza tombent une à une. Ce dernier fuit en septembre en Autriche où il est accueilli par l'empereur Maximilien. Le 14 septembre, les français prennent possession de Milan. Louis XII, resté en France, arrive pour faire son entrée dans la ville (voir l'image). Il repart en France un mois plus tard pour baptiser sa fille Claude. Au début de l'année suivante, Ludovic de Sforza menace de revenir sur Milan. Il arrive avec une armée de vingt mille hommes. Cette annonce provoque des soulèvements à Milan et dans d'autres villes. Ludovic de Sforza reprend Milan puis Pavie, Parme, Vigevano et Novare où s'étaient repliés les français. D'autres troupes françaises franchissent les alpes et le 8 avril 1500, peut-être suite à une trahison, Ludovic de Sforza est fait prisonnier. En novembre 1500, un traité est signé dans le plus grand secret entre Louis XII et Ferdinand II d'Aragon pour attaquer Naples et se le partager. Le 1er juin 1501, les forces françaises marchent sur Naples. Frédéric III d'Aragon négocie la moitié du royaume de Naples avec Louis XII sans combattre. Cependant les espagnols et les français s'accordent difficilement sur la répartition des terres et un conflit démarre en juin 1502. Les espagnols connaissent des victoires (à Seminara et Cerignola en avril 1503). En mai les espagnols entrent seuls à Naples. Une armée française de secours sedéplace vers le sud de l'Italie, s'arrêtant à Rome le 12 août 1503, à l'occasion de la mort du pape Alexandre VI (voir l'image). Puis elle repart vers sa destination où elle arrive à la fin de l'année. Mais Louis XII signe une trêve en mars 1504 et le traité de Blois le 22 septembre 1504 dans lequel il renonce à l'Italie du sud au profit des espagnols. Cependant par ce traité Louis XII est investi du duché de Milan. Mais le 21 juin, Louis XII dénonce ce traité en organisant les fiançailles de sa fille Claude (voir l'image) avec François d'Angoulême, le futur François 1er (voir l'image). Les habitants de la ville de Gênes se révoltent. Louis XII est réclamé par la population. Le pape Jules II demande son aide, qu'il accorde, pour récupérer la ville de Bologne. Mais à Gênes, une vingtaine de français sont assassinés. Furieux, Louis XII monte une expédition punitive pour les venger. Pour éviter un massacre et un pillage, la ville demande pardon. Le 10 décembre 1508, Louis XII, Maximilien, Ferdinand d'Aragon et le pape se liguent contre Venise. Au début du mois d'avril 1509, Louis XII attaque la ville lacustre. Les vénitiens sont battus à Agnadel par Bayard et ses soldats. Mais les ententes évoluant rapidement, les suisses, avant alliés des français, se mettent au service du pape. Ferdinand d'Aragon, Henry VIII et le pape s'en prennent au duc de Ferrare, ami des français. En octobre 1510, la guerre éclate entre les français et la papauté. Louis XII arrive à Bologne en mai 1511 où Jules II est installé. ce dernier a quitté la ville quelques jours auparavant. Le 5 octobre il met en place la Sainte Ligue contre les français. Elle regroupe Venise, l'Espagne et le Saint-Siège. Henry VIII et les suisses s'y intègrent par la suite. Cette Ligue est vaincue le 11 avril 1512 à Ravenne au cours d'une bataille qui fait dix milles morts. Gaston de Foix (voir l'image), artisan de cette victoire, y est tué. Mais en Juin, l'armée française est en déroute, recule et finit par quitter la péninsule. Toutes les conquêtes sont perdues. Coup de théâtre, les vénitiens ont maintenant peur d'une trop grande influence de la papauté et des espagnols. Aussi souhaite-t-elle partager le nord de l'Italie avec la France. Léon X (voir l'image), nouveau pape depuis le décès de Jules II, est contre cette répartition. Il met donc en place une ligue contre les français. Ces derniers essayent de reprendre Milan en mai 1513. Mais ils sont battus et rebroussent chemin. En juillet 1513, Henry VIII débarque à Calais. Les français ne peuvent les repousser. Pendant ce temps, les suisses entrent à Dijon. Louis XII se réconcilie avec le pape et signe une trêve avec Ferdinand d'Aragon le 13 mars 1514. Il s'allie avec Henry VIII et épouse sa sœur. Les guerres d'Italie sous François 1er Louis XII décède en 1515. C'est François d'Angoulême, son cousin, qui lui succède sous le nom de François 1er. Poursuivant les rêves de conquête de son prédécesseur, il reprend les armes. Le 4 mars 1515, en qualité d'arrière petit-fils de Valentine Visconti, François 1er revendique le duché de Milan. Préparant une intervention, il s'allie avec Venise. Le 24 mars 1515, il signe un traité avec Charles de Habsbourg, le futur Charles Quint. En juillet, François 1er arrive à Lyon avec une armée de quarante mille hommes. Il franchit les Alpes et prend Turin ainsi que Novare. Il bat les suisses à Marignan le 14 septembre 1515 (voir l'image). Il reprend possession du Milanais, Maximilien Sforza se soumettant au roi français et renonçant au duché de Milan. Plusieurs traités sont signés pour mettre fin à ces guerres d'Italie. Il y a le traité de "la paix perpétuelle", le concordat de Bologne qui réconcilie le pape et la France, le traité de Noyon entre les français et les espagnols). Le 2 janvier 1519, l'empereur Maximilien meurt. C'est son petit-fils, Charles d'Espagne, qui est pressenti pour lui succéder sous le nom de Charles Quint (voir l'image). Mais François 1er est son rival pour le titre d'Empereur. Mais le 28 juin, Charles Quint est élu empereur. François 1er tente d'obtenir l'alliance d'Henry VIII d'Angleterre durant l'entrevue du "Camp du Drap d'Or" (voir l'image) qui se tient du 7 au 24 juin 1520. Charles Quint rencontre également Henry VIII à Gravelines le 14 juillet 1520. Et c'est à l'empereur que le roi d'Angleterre accorde son soutien. La guerre entre François 1er et Charles Quint éclate en mars 1521 en Navarre, en Flandre et en Lombardie. Le 26 septembre, Bayard défend la ville de Mézières. Le 24 novembre, Charles Quint, le pape Léon X et Henry VIII se liguent contre la France. Une tentative des français de reprendre le Milanais se solde par une défaite le 29 avril 1522 à La Bicoque. Un nouvel échec suit en mars 1524. Le 30 avril 1524, Bayard est tué à Abbiategrasso (voir l'image). Charles de Bourbon rejoint le camp de Charles Quint en 1523. Il investit la Provence en juillet 1524. Marseille lui résiste et le force à quitter la France. Lors d'une troisième tentative de récupération du Milanais, Charles Quint bat François 1er à Pavie le 24 février 1525 (voir l'image) et le fait prisonnier. Le 14 janvier 1526, en échange de sa libération, François 1er signe le traité de Madrid par lequel il abandonne l'Italie et cède la Flandre et l'Artois. Ces deux fils, François et Henri restent les otages de Charles Quint. Une fois la liberté retrouvée, François 1er dénonce ce traité, s'allie avec le pape Clément VII (voir l'image) qui s'inquiète de la suprématie de Charles Quint. Ce dernier entre à Rome le 20 septembre 1526. Quelques mois plus tard, la ville est mise à sac. Durant ce saccage, Charles de Bourbon trouve la mort. Entêtée, la France, avec Lautrec à la tête des troupes, reconquiert le Milanais durant l'été 1527. Mais ce dernier meurt d'une épidémie qui décime l'armée française, qui par la suite connaît la déroute. Louise de Savoie, mère de François 1er et Marguerite, sœur de Charles Quint signent "la paix des dames" le 3 août 1529. François 1er abandonne ce qu'il devait déjà laisser dans le traité de Madrid. Le 24 juin 1530, Charles Quint est sacré empereur par le pape. Le 7 juillet, François 1er, veuf de Claude de France, épouse Eléonore d'Autriche. Ces évènements laissent penser que des années calmes sont à venir. Et pourtant François 1er dirigera encore deux guerres contre l'Italie. La première débute en 1536. François Sforza décède en octobre 1535. François 1er réclame le Milanais pour son fils Henri (futur roi de France sous le nom d'Henri II). En janvier 1536, François 1er s'allie avec Soliman le magnifique (voir l'image) et envahit la Savoie et le Piémont. Arrivé à Turin, il ne souhaite pas utiliser les armes pour obtenir le Milanais, pensant l'obtenir de droit, par héritage. Charles Quint le provoque en détournant les combats sur le territoire français. En juillet 1536, il est en Provence. Seulement, ses soldats n'ont que peu à manger (les français détruisent tous) et sont atteints de dysenterie. Ils vont abandonner. Ils se retire également du Nord de la France. En 1537 des Trèves sont signées et en 1538, du 14 au 16 juillet, François 1er et Charles Quint se réconcilient. Le roi français conserve une partie du Piémont mais n'obtient pas le Milanais. Mais l'accalmie ne dure pas. C'est l'assassinat de l'ambassadeur français Rincon survenue le 3 juillet 1541 qui va déclencher un nouveau conflit entre François 1er et Charles Quint. Ce dernier est battu à Cérisoles le 14 avril 1544 mais il investit la Champagne et Henry VIII la ville de Boulogne. Le 16 septembre 1544, François 1er et Charles Quint signe la paix à Crépy-en-Laonnois. Le Milanais revient à Charles, dernier fils du roi français. Mais ce dernier décède peu après. François 1er continue de se battre contre Henry VIII. Il signe un traité le 7 juin 1546 dans lequel il est obligé de racheter la ville de Boulogne. François 1er décède le 31 mars 1547. Les guerres d'Italie sous Henri II C'est son fils Henri qui lui succède sous le nom d'Henri II (voir l'image). Comme ses prédécesseurs, il poursuit ces rêves de conquête en Italie. D'autant plus qu'il souhaite se venger de Charles Quint pour sa captivité en Espagne pendant trois ans. Henri II s'allie avec le pape Paul III. Mais ce dernier meurt en 1549 et son successeur, Jules III (voir l'image) souhaite redonner à Charles Quint les terres de la famille des Farnèse, protégés d'Henri II. Ce dernier, déjà présent dans le Piémont depuis 1548, se met en guerre contre Charles Quint en 1550. Il investit le duché de Parme et Plaisance. Henri II s'allie avec les princes protestants allemands qui lui promettent leur soutien militaire. Ensemble ils récupère le Milanais, Asti et Gênes. Le pape est vaincu et les Farnèse retrouvent leurs terres. Mais le 2 août 1554, les français sont battus à Marciano en Toscane et le 17 avril 1555, ceux qui défendent la ville de Sienne capitulent. Pendant l'été 1555, les français connaissent des succès dans le Piémont. Charles Quint, malade et fatigué, abdique en faveur de son fils Philippe II (voir l'image) et de son frère Ferdinand 1er. Le premier règne sur la péninsule ibérique, le second sur l'empire allemand. Charles Quint signe une trêve avec François 1er le 15 février 1556 à Vaucelles. La France garde ainsi la Savoie, la Corse et le Piémont. En 1557 Henri II s'allie avec le pape Paul IV pour faire évacuer les espagnols de la péninsule italienne. Le duc de Guise franchit les Alpes en décembre 1557. Mais les résultats sont peu enthousiasmants et il revient en France en septembre 1558. La France évacue l'Italie car menacée sur son territoire national. Le 6 juillet 1558, le duc de Guise reprend Calais. Cependant les français sont battus à Gravelines en juillet 1558. Le 3 avril 1559, Henri II et Philippe II signe un traité à Cateau-Cambrésis. La France cède la Savoie, le Piémont, la Bresse, le Montferrat, la Corse et le Milanais. Henri II conserve Turin, Chièri, Pignerol et Asti. Ainsi se terminent ces guerres d'Italie. Elle n'auront que peu de résultats politiques positifs. Dernière aventure moyenâgeuse, elle verra évoluer au cours des différents conflits les techniques de guerre, avec notamment l'apparition des armes à feu. C'est dans le domaine des arts que ses apports seront le plus bénéfiques. En effet, que ce soit en peinture, sculpture, architecture ou littérature, l'esprit de la Renaissance va souffler sur la France. Mais pas toujours pour le meilleur, la France allant connaître dans les années qui suivent bien des tourments qui ont failli provoquer sa perte. |