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La peinture de la Renaissance 1250 - 1450 |
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Les prémisses d'un changement dans l'art de la peinture se fait sentir dès le Trecento en Italie. Vous allez découvrir quels étaient les artistes de l'époque. ATTENTION, les images à visualiser sont assez volumineuses (50 à 130Ko) et cela risque de prendre un peu de temps. |
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Les premisses avec Cimabue et Giotto Cimabue vers 1240-1302, de son vrai nom Cennini di Pepo, sera le premier à rompre avec les règles de la peinture d'inspiration byzantine. En contact avec d'autres artistes à Florence, il veut sortir la peinture des icônes et des mosaïques. Les toiles s'arborent d'une expression simple et douce des figures, loin de la sophistication byzantine. Il insufflera dans ses tableaux plus de réalisme, abandonnant l'aspect décoratif de la peinture (fresque, retable). C'est une idée qui sera exploitée ensuite par Giotto. Aucune oeuvre de Cimabue n'est parvenue jusqu'à nous. On lui attribue la Maesta de l'église de la Trinité à Florence (voir l'image) et la Maesta d'Assise. Giotto(1266-1337), de son vrai nom Giotto di Bondone, qui aurait été l'apprenti de Cimabue, va rompre avec l'art byzantin qui est répandu sur toute l'Europe, préférant le réalisme. Cette recherche du vrai s'inscrit dans un mouvement général à la fin du XIIIème siècle. Ce trait de Giotto va se manifester dans son traitement des fresques qui jusqu'à présent était faites dans un espace à deux dimensions et encadrés de motifs végétaux comme pour une tapisserie. Giotto va proposer un espace tridimensionnel, déjà évoqué dans l'Antiquité mais oublié durant le Moyen-age. Cela permet d'établir une représentation plus humaine, Giotto s'attachant à l'observation de la vie et à une plus grande expression des figures peintes (gestes, regards). Ce souhait de volume dans les tableaux implique la notion de perspective. La première réalisation de Giotto selon ces nouveaux principes sont les fresques de la vie de Saint François à Assise . On y remarque la netteté des attitudes, la simplicité de la restitution des habits et l'intensité des regards (voir l'image). Il séjourne à Padoue où il décore la chapelle Scrovegni de 1303 à 1305. Ces ensembles de fresques préfigurent les recherches sur la perspective du Quattrocento. Citons encore la Madone Ognissanti, représentant une personne sacrée avec une grande humanité, rompant ainsi définitivement avec la peinture médiévale. Il décore la chapelle de la Madeleine à Assise vers 1310. Il utilise la peinture à sec pour réaliser les scènes de l'enfance du Christ et les allégories franciscaines en 1310 et 1320. Dans ses oeuvres faites entre 1320 et 1325, il recherche un plus grand raffinement (fresques de la chapelle Bardi de Santa Croce de Florence. A partir de 1328, il travaille à Naples. Il décède en 1337 à Florence alors que son atelier réalise les fresques de la chapelle du podestat au Bargello. De cette époque initiale, il faut également évoquer le peintre Duccio di Buoninsegna (vers 1260-1318), fondateur de l'école de Sienne avec sa toile nommée la Maestà. L'influence gothique remplace l'art d'inspiration byzantin mais Sienne restera en dehors de la Renaissance. De cette école, nous trouvons les peintres Simone Martini (1284-1344) (voir l'image) et les frères Ambrogio Lorenzetti (1285-1348) et Pietro Lorenzetti (1280-1348). Chez Martini les personnages ne sont plus sur un même plan au fond mais donne l'impression d'une perspective. Chez Lorenzetti nous assistons à un enthousiasme non religieux de la vie et de l'histoire humaine. L'école de Sienne s'essouffle durant le XVIème siècle et s'éteindra avec la soumission de la cité à Côme 1er de Médicis en 1555. Le Quattrocento Au début du Quattrocento (XVème siècle), les cités italiennes jouent un rôle économique et politique important en Europe. Dirigées par des familles princières, ces dernières rivalisent pour produire ce qu'il peut y avoir de plus beaux pour exprimer leur puissance. Ce sont les Médicis à Florence, les Sforza à Milan, les Montefeltre à Urbino, les Gonzague à Mantoue, les Este à Ferrare ou Venise. Dans ce contexte, c'est à Florence que s'exprimeront les premiers peintres de la Renaissance. L'essor de cet art est dû à l'importance du monde de la finance, à la culture humaniste qui progresse, aux commandes d'uvres qui croit et à l'apparition d'ateliers spécialisés. L'artiste devient une personne recherchée par les mécènes. Ces derniers respectent leur connaissances et leur sens de l'imaginaire. Du regain d'intérêt pour les connaissances de l'Antiquité (le naturalisme d'Aristote entre autres) découle l'observation et l'étude du monde. Cela fait que les thèmes profanes deviennent de plus en plus importants. L'art devient attrayant pour le mode d'expression personnelle qu'il devient. Le Quattrocento connaîtra comme précurseurs, Donatello pour la sculpture, Brunelleschi pour l'architecture et Masaccio pour la peinture. Ils ont tous trois une croyance forte dans les fondements théoriques de l'art. Leur art sera basé sur la nature et leur appréhension du comportement humain. Aussi s'attachent-ils à rechercher méthodiquement à répondre aux problèmes de la représentation du volume, du poids ou des mouvements des figures, de la perspective. Aussi cherchent-ils à trouver des règles générales qui traitent des problèmes de proportions, de rendu de l'espace, de restitution des apparences de la nature. Le premier de ces peintres du Quattrocento est Masaccio (1401-1428) (voir l'image - Le paiement du tribu (1427)), de son vrai nom Tommaso di Ser Giovanni di Mone Cassai. Il est très apprécié des novateurs, artistes se groupant autour de Brunelleschi. Il en appliquera les nouvelles théories architecturales à son oeuvre. La Sainte Trinité, fresque de l'église Santa Maria Novella. Arrivé à Florence en 1422, il travaille avec le peintre Masolino (1383-1440). Ce dernier à peut être été son maître. Masaccio est le successeur de Giotto. Léonard de Vinci parle ainsi de Masaccio :
Il accentue ses travaux sur la perspective et le naturalisme. Il est le vecteur à Florence des travaux de Brunelleschi et de Donatelo. Il est l'auteur d'une partie des fresques de la chapelle du cardinal Brancacci dans l'église de Santa Maria del Carmine de Florence. Il utilise la perspective dans ses tableaux, portant une grande attention aux structures et aux volumes. Cette perspective s'appuie sur la théorie du point de fuite unique. Il permet à la peinture italienne de présenter une vision coordonnant l'espace conçu théoriquement et celui construit pratiquement. Il est ainsi possible d'établir une échelle de proportion entre les différents personnages d'un tableau. Il partira à Rome avec Masolino et y décède en 1428. Pour imposer sa façon de peindre, Masaccio a besoin de médiateur comme Fra Angelico (vers 1400-1455). Marqué par Giotto, il est un des plus remarquables représentant de l'école florentine du Quattrocento. Dominicain, Fra Angelico, à travers sa peinture, a illustré les écritures saintes. Cet artiste, issu de l'époque gothique, a un mode de pensée encore mayen-ageux. Cependant sans ses toiles, nous pouvons y voir une beauté des couleurs et une maîtrise de la perspective. Durant sa jeunesse, Il aurait pratiqué la miniature, avec comme maître Lorenzo Monaco. Entre 1420 et 1422, Fra Angelico rentre au couvent San Domenico de Fiesole. En 1428 et 1429, il peint le Retable de Fiesole et le Triptyque de Saint Pierre martyr. L'évolution de son style se remarque dans le Tabernacolo dei Linaioli (1433) où nous sentons l'influence de Masaccio. Fra Angelico, sensible à la nature, peint le premier paysage de la peinture italienne : le lac Trasimène (1433-1434). Cet apport du décor naturel se voit notamment dans la toile de la scène de la Déposition. Cependant, Fra Angelico n'incorpore pas toujours ces innovations et certaines de ces toiles rappellent le début du Trecento et Giotto (Couronnement de la Vierge). En 1436, les dominicains investissent les bâtiments en ruine du couvent Saint Marc. C'est Fra Angelico qui doit assurer la décoration, l'architecte Michelozzo devant le restaurer. Ces travaux dureront de 1438 à 1452. Il y peint ce qui a de plus beau en matière de fresques (voir l'image - L'annonciation (1449)). Celles-ci n'ont pas d'ornementation et le jeu des lumières y est très important. A la fin de l'année 1445, il se rend à Rome, demandé par le pape Eugène IV, afin de décorer la chapelle du Saint Sacrement. Le successeur d'Eugène IV, Nicolas V, commande la décoration de sa chapelle privée. En 1450, il retourne à Fiesole où il exécute des oeuvres commandée par Côme de Médicis. Il meurt en 1455, et est enterré dans la chapelle Saint Thomas d'Aquin. Sa gloire a été importante et il influence des peintres comme Filippo Lippi, Pier della Francesca. Il sera béatifié le 3 octobre 1982 par le pape Jean Paul II. Son oeuvre frappe par la simplicité et la force des jeux de couleurs (blanc, bleu, or et rouge). Son oeuvre place les angoisses terrestres, les joies et la vie de tous les jours dans la lumière divine. Sa peinture constitue une synthèse entre le Moyen-age et la Renaissance. Domenico Veneziano (1401-1465) est un peintre vénitien. Il travaille à Florence avec Piero della Francesca à la décoration du chœur de l'église Saint Eugène. Il aurait introduit la peinture à l'huile en Toscane, technique connue en Italie avant 1390. Il peint pour la famille des Médicis, notamment l'Adoration des mages, la Vierge entourée de saints qui est un tableau structuré ou la Vierge et l'Enfant avec les saints où l'on remarque une très bonne maîtrise de la perspective et de la lumière. Fra Filippo Lippi (1406-1469), religieux défroqué, côtoie à Naples la peinture flamande et s'inspire de Masaccio. Il peint notamment la Madone de Tarquila en 1437 où l'on voit l'envie de restituer une intimité, la Vierge à l'enfant entre deux anges en 1465 où l'on voit un fond constitué d'un paysage inscrit dans une fenêtre. Cette dernière toile influiencera les artistes florentins, notamment un de ses élèves appelé Boticelli. Un autre peintre s'intéresse aussi à la perspective. Il s'agit de Paolo di Dono dit Paolo Ucello (1397-1475). Assistant de Ghiberti à partir de 1404, Ucello travaille avec Donatello. De 1425 à 1430, il travaille à la basilique Saint-Marc comme mosaïste. Il peint le Monument équestre de Sir John Hawkwood en 1436 (voir l'image), les scènes de la vie de Noé en 1446. Un peu avant Piero della Francesca, il prend conscience des nouveautés introduites par Masaccio. A partir de 1431, il plonge dans l'étude de la perspective à points de fuite multiples. En 1456, il peint les trois batailles. Leur géométrie complexe préfigure les oeuvres de Piero della Francesca. Dans certaines de ses oeuvres, il reste un peu archaïque (comme dans les Deux Saint Georges ou La Chasse). En 1465, il peint la pedelle d'un retable (la Communion des apôtres). Dans cette oeuvre, Ucello se montre artiste, savant et poète. Andréa del Castagno (vers 1421-1457), de son vrai nom Andréa de Bartolo de Bargilla, est influencé par Masaccio et Donatello. Il peint les fresques du réfectoire de Sant' Apollinia (1415-1450). Il est habile à restituer la perspective dans ses toiles. Il réalise neuf tableaux pour la villa Carducci en 1450. Il peint la fresque du monument funéraire équestre du condottiere Niccolo da Tolentino en 1456, vingt ans après une toile semblable d'Ucello, exprimant les évolutions dans le traitement de la perspective. Dans la toile nommée Saint Jérôme, il restitue parfaitement l'aspect dramatique de la scène.
Nous vous avons présenté dans ce premier dossier les peintre florentins du Quattrocento. Mais d'autres artistes, d'autres villes, ont marqué ce siècle en Italie. Et ... cela sera une autre histoire que nous vous raconterons dans un prochain dossier. |